L’idée me travaille depuis quelque temps…
M’arracher!
Quitter les lieux fréquentés, abandonner les géants de la tech, fuir les réseaux, partir de ces endroits où le monde se pose désormais presque légitimement.
Ces architectures d’algorithmes où le like est devenu une monnaie d’échange,
où la machine à signalement teintée de shadowban prononce des sentences,
et où les « community guidelines » tiennent lieu de textes sacrés, rédigés par des prêtres à trottinettes électriques qui n’ont jamais entendu le grésillement d’un modem 56k.
Le web d’aujourd’hui est un territoire sous surveillance. Contrôlé.
Et désormais [auto-] censuré. Et c’est, d’une certaine manière, nécessaire.
Sans garde-fous, ces espaces se noient dans un flux de haine brute, de techno-fascisme, de propos indifférenciés à valeurs égales, de contenus qui font reculer d’un cran toute approche critique.
Lourd prix à payer
Ces mêmes mécanismes de contrôle, devenus systémiques, étouffent l’expression dans son souffle même. Ils transforment la parole en produit labellisé, la pensée en contenu accepté à coup de❤️, la photographie en image qui doit d’abord quémander l’autorisation d’exister
[Je suis une photo d’une personne : OUI — NON] soumise à la vérification algorithmique [Suis-je une photo d’une poitrine féminine : OUI — NON] et aux conditions d’utilisation jamais lues, toujours acceptées [Puis-je publier une photo de poitrine : OUI — NON].
La machine nous négocie tellement qu’on en attrape des maladies. Elle nous refile du « ringxiety », du stress fomo ou plus couramment une perte d’hyposensibilité à la chronoception.
Je dis non.
Je revendique une nostalgie. Pas celle, naïve, des années perdues ou du temps qui passe.
Mais la nostalgie du goût des origines. Celle d’un internet adolescent, des années 2000, où l’on pouvait planter une balise html comme un pipi—nature sur la route des vacances, sans demander l’approbation du comte Zuckerberg ni de sa direction de la conformité pensante et représentative.
Gif-bafouille en html
Le goût des origines comme quand on fabriquait une merde libre, bruyante, parfois illisible sous Netscape, mais absolument nôtre.
Quand un ban était encore un acte humain — je retire ce site web de mes favoris — et non le verdict froid d’une intelligence artificielle qui jugule le mot noir au mot black de trop. Les vieux contre les jeunes, et parfois les jeunes devenus plus vieux que les vieux à force d’écouter les jeunes qui jouent au vieux.
La morale du grand mangos a son temple à serveurs dans le Nevada [Pour les belges, c’est le grand canyon sans grand ni canyon de Saint—Ghislain] et des armées de modérateurs automatiques pour garder les frontières du politiquement correct [Traces de sang acceptées tant que les protagonistes restent habillés].
La créativité libre reste d’une liberté conditionnelle et relative.
Pas revanchard, juste avoir envie d’avoir envie…
Je reprends les outils d’hier; toshop—notepad—filezilla—wordpress et y ajoute de nouveaux; upscayl—Stable Diffusion—Kewncode [En local, je vous prie!].
Je conserve l’esprit de désordre des années 2000, ce bordel fertile où l’on créait sans permission. Et je continue de rayer la peinture des offres des réseaux, surtout si les scans à contenu sont devenus plus fins, plus susceptibles et plus contraignants [Et qu’il détestent toujours autant le David de la tortue ninja orange à nunchakus].
La pilule du manque de visibilité n’en sera que plus douce à assumer. C’est le tribut à payer pour exister en dehors des marges du cahier des gafam.
iconoclaste.net est un bastion de résistance créative et nostalgique.
C’est le portfolio d’un passionné d’image, à la fois attaché à la culture geek/pop des années 80-90 et curieux des technologies graphiques d’aujourd’hui, qui utilise son site web pour créer et publier librement sans dépendre des plateformes des Big Tech.
Google – 2026
Si c’est Google qui le dit…
♠ S’amuser avec quelques expériences…