curry d’cul d’homme vite Aïe!

L’iconoclaste, neuro-apache secoué à l’extrême et concentré d’agitation anthropologique, a comme profession de foi la passion des arts graphiques.
L’iconoclaste, celui qui détruit les images sacrées, le rebelle qui pisse sur les traditions, les conventions sociales et les idées reçues; c’est moi!

Depuis mes 10 ans, j’ai toujours eu le dessin facile. Puni en heure de colle pour avoir griffonné des paires aréolées sur les bancs de bois d’une école titrée « Cœur-Sacré-de-Jésus », alors que selon moi le marqueur Artline vert n’était qu’un sujet de test, j’ai vite pigé que mes dessins étaient beaucoup plus intéressants que le contenu laborieux de mes pénibles rédactions.
Rapidement, mes parents m’ont vite posé sur les rails de l’enseignement artistique, même si cela ne m’a pas vraiment donné le goût des mathématiques…
CQFD — D pour dessiner !

1989 — DÉCOUVERTE DES CHIURES DE GOMME ET DE LA MINE DE PLOMB

Toutes les semaines, je participe comme élève libre aux formations de bande dessinée aux cours du soir du samedi matin ! J’ai 16ans et les cours sont réservés aux majeurs et j’arrive avec des cartons pleins de recopies de planches des fameux « Strange » [Obligés de censure et imprimés sur du papier-journal] des Éditions Lug au milieu d’adultes sympathiques mais qui considèrent mes goûts graphiques plus comme handicap que comme un avantage. Ce qu’on me reproche d’entrée de jeu, c’est le focus sur les héroïnes marvel que j’apprécie recomposer…
Et je me fais incendier par les professeurs édités en conscience par la matrice marcinelloise :
« Tu veux vraiment faire de la BD, Manu ? »
Dans le monde de la bande dessinée européenne, on n’aime pas les femmes en slip avec des capes qui volent autour d’une bannière étoilée, les cheveux enflammés !
Au bac, les Susan Storm, les Ororo et autres Logan, au diable Sal Buscema, Bob Layton et John Byrne ! Et surtout…Aux chiottes la machine à papier-cul basée à la rue Jules Destrée !
Il me faut un style de rechange, il faut que je montre à ces professeurs que je suis capable de tenir une plume…Et si en plus je trouvais un truc un peu original, ce ne serait pas plus mal…

1992 – LA CLAQUE NIPPONNE

Le samedi 7 mars au Bota à 20 h 00, juste après une huée violente à l’encontre des publicités [elles seront passées en accéléré par le projectionniste] tellement le public chahute dans la salle, je découvre en 35 mm l’incroyable travail de maître Otomo et son phénomène Akira.
Pour moi, ce film représente l’apothéose de ce que l’on fait mieux sur celluloid!
Voilà ce que j’ai envie de faire ! Ce truc renvoie tous les dessins animés du Club Dorothée à la préhistoire du graphisme animé.
Même si je suis fan d’animation française [La planète sauvage], russe [Серый волк энд Красная Шапочка], américaine [La bite à Roger Rapeau—j’ai pas pu résister…] et même nigérienne [La mort de Gandji], je tombe à genoux devant Tetsuo, Kanéda et la musique du collectif Geinoh Yamashirogumi.

→ Lire le scan du journal « La gazette du loup » de l’époque.

Le lendemain, j’achète des mètres de trames à coller et j’écris & dessine une histoire de Schtroumpfette-androïde qui se fait violer par des goules mutantes… Un clin d’œil à peine caché à l’idée que les éditions Dupuis chères à mon prof de BD me débectent !
À l’époque, les mangas sont très peu édités et je dois photographier des animés importés sur laserdiscs pour me documenter… Je griffonne beaucoup en regardant la cinq sur la TV noir et blanc familiale. Toutes les mercredi, je ne manque jamais Babylone, l’émission animée par Numa Roda-Gil qui présente tous les phénomènes culturels [et donc marginaux] de l’époque. C’est une émission geek, animée par un geek pour les geek, avant que les geeks n’apprennent qu’ils sont geek.

Note pour Numa : L’iconoclaste (c’est moi!) est aussi mr.fuzz, celui qui t’envoyait des animgif tamponnée Elvis the king pour ta page web! (Paix, amours et AK47!)😜

Retour aux cours BD, les profs n’apprécient pas mon changement de style. Je suis passé de l’Ouest à l’Est et c’est assez radical. Comme je suis élève libertin, ils me rappellent que mes travaux n’ont pas vraiment d’importance.
Et puis, la trame et les lignes de vitesse, c’est le chemin de traverse qui renvoie à la paresse du trait et de l’encrage ! De toute manière, je dois stopper les cours : cela fait la troisième année que j’y vais comme un papillon et j’ai trop soif de découvrir les nouveaux outils de dessin que les ordinateurs personnels proposent…

1993 – L’AMI AMIGA

Cette année, je rentre à l’académie des Arts. Il y a une énorme découverte pour moi ; elle se nomme Deluxe Paint et elle tourne sur Commodore Amiga.
J’ai enfin l’opportunité de colorer mes dessins avec autre chose que les écolines criardes mais bon marché. Une révolution personnelle car [je n’accorde aucune valeur à mes travaux papier, j’ai tendance à les déchirer le lendemain ou à les donner !], et je peux numériser et travailler mes dessins comme je le veux.
Je suis un grand fan des techniques mixtes et cet ordinateur à disquette me permet d’infographier comme je l’entends. De plus, certaines de mes faiblesses de justesse de traits de crayon disparaissent à la retouche.
Le problème, c’est [encore] les profs. Les profs d’infographie n’aiment pas les dessinateurs de bandes dessinées. Certains professeurs peintres me le font sentir à chaque parole :
– Tu dessines des plis de bras comme Franquin…
– T’as déjà dessiné au bic bleu ?
– Toi, t’as trop regardé Goldorak…
Et pas question que j’y mette les pieds [en BD], car le chef d’atelier, c’est mon ancien dictateur des cours du soir du samedi !
Au fond, je n’y reste pas longtemps dans cette académie, je ne suis pas assidu…Et puis, il y a une fille de l’autre côté de la ville qui me fait un effet dingue !

1995 – LES JEUX VIDÉO COMME INSPIRATION

Je suis débauché par une société qui distribue des jeux vidéo. J’y rentre et monte les échelons tout facilement. J’y apprends le sérieux, le monde du travail, l’infographie de communication et la chaîne d’impression, la 3D et le character design… En fait, tout ce qui fait de bons atouts à un graphiste qui n’a jamais fini l’école. Je tape la bise à l’officielle Lara Croft sur les salons spécialisés et bredouille les 4 mots de japonais que je connais au président de Nintendo USA.
Je m’amuse…

Et à partir de ce constat, je ne parle plus de boulot. Pour moi, le travail devient un jeu. Dès le matin, je lance des dés et je vois le nombre d’actions à opérer pour parvenir aux objectifs fixés.
Rien ne m’ennuie, rien ne me rebute. Tout a de l’importance… Ou au contraire, rien n’en a !
Dans toutes les fonctions que j’exerçais — et que j’exerce encore —, je prends mes tâches à niveau égal. Et je me dis que cela reste lié au quotidien. C’est pour cela que je conserve toute mon énergie créative aux projets que j’ai en dehors de mon travail.

1999 – PIQUE PAR LE WEB

J’apprends le HTML, le PHP et les outils Macromedia et me lance dans la conception de sites web personnels [Un pour la naissance de ma fille, née la même année. Le second se nommera Babylone.net…Comme c’est curieux!].
Je rejoins une société spécialisée dans le hosting et j’ai plein de DNS et de disques durs pour que dalle ! Je me lance dans l’aventure fuzzout.net avec un pote à conneries. Ce compagnon de toujours endossera le rôle du docteur Out et moi de mister Fuzz.
Mrfuzz est spécialiste du dessin et des pages d’accueil « Flash » percutantes et manga. Drout est le magicien de la capture des bruits et du mixage de la musique et est féru d’action-script.
Ensemble, nous sommes fuzzout…Cherche pas, c’est aussi intraduisible que les messages que l’on veut faire passer!

Sur ce site-ovni, on comptabilisera plus de 1 944 682 visites de tout horizon différent. Cela parle de tout et de rien…On le présentera à la télé, à la radio, dans les journaux, on recevra même des prix pour ce truc-très-spécial disparu aujourd’hui.
iconoclaste.net ressortira des trucs d’époque, en fonction de ce qui est exploitable aujourd’hui.

2010 – LA PHOTOGRAPHIE NUMÉRIQUE

Dessiner et animer, c’est cool. Mais j’ai envie de voir du monde. Aller à la rencontre du réel. Dessiner sur sa tablette Wacom des soirées entières m’amuse moins et j’ai envie d’autres choses.
Je me lance dans la photo de portrait. La démocratisation des reflex numériques rend le truc à la mode, mais j’arrive à me démarquer des milliers de photographes qui pullulent sur le début des réseaux sociaux.
Je pose des conditions uniques :
– Pas plus de 10 photos par shooting.
– Je reste propriétaire de mes photographies (je ne fournis ni RAW ni droit à la retouche).
– Je ne photographie qu’au format carré et en noir et blanc.
De plus :
– Je refuse systématiquement les photos de mariages.
– Et à l’inverse de tous les autres photographes, je me donne le luxe de refuser les sujets qui ne m’intéressent pas visuellement.

2017 – LES HABITANTS DE L’INFRAMONDE

Avec ce concept, je m’attelle au projet baptisé « Les habitants de l’inframonde ».
Les habitants de l’inframonde, c’est 100 masques en matières recyclées, 50 shootings photographiques. 50 histoires correspondant à chaque rencontre. Cela me prendra 4 ans avec au final une exposition en plein Bruxelles désertée par les visiteurs sous prétexte d’un agent complètement incompétent (tort reconnu par le responsable depuis peu mais accepté sans rancune).
Oui mais me direz-vous ; 100 masques moins les 50 modèles… Cela signifie que chaque modèle a porté deux masques ? C’est toute la subtilité de la chose ! Il me reste encore à rencontrer 50 personnes pour les masques restants !

Les habitants de l’inframonde – C’est Jennifer, mon premier modèle qui m’a donné envie de me lancer dans cette aventure.

2023 – LES SNOOBS

Lors d’une mise au vert d’équipe, je lance entre deux gommettes de tableau blanc d’une manière innocente et peu réfléchie l’idée de faire un film avec des marionnettes.
Le concept passe inaperçu. Mais il intéresse fortement un collègue et à force des choses, avec 3 bouts de ficelles, une chaussette et des heures d’After-Effect, on a réussi à tourner quelques films.
On est pas peu fier de la chose…Surtout depuis qu’il sont en VOD sur Auvio, la chaine stream de la RTBF. De plus, nos scénarios teintés d’éducation aux médias sont placés dans une catégorie spécifique sur la plateforme numérique belge.

2026 – NOSTALGIE, REGRETS OU RENOUVEAU?

Avec le temps qui passe, les années du derrière qui pèsent et l’inconnu du devant qui reste opaque, l’idée de reprendre les expressions infographiques me taraudait la boîte crânienne depuis des mois. J’ai un téléphone-boîte-miracle collé en permanence dans la main : pourquoi ne pas s’en servir spontanément ?
C’est toujours le même esprit de création obsessionnelle qui m’a poussé à relancer ce concept qui m’était cher il y a [déjà] plus de vingt ans.

Cher drout, j’ai réouvert la boîte de Pandore tout seul, sans même t’en parler…Ou alors, je l’ai peut-être suggéré, mais rien d’explicite ni de clair n’a été formulé.
J’exhumerais des trucs & des machins de l’époque et si le cœur t’en dit, rejoins le navire.
Le pont est accessible, comme il l’a toujours été…
Embarque quand tu veux !

Emmanuël

Ex—Blond, ex—Dr.Pad, ex—mrfuzz, ex—emmanueldasquillies, ex—aifromtheN6…
Désormais l’ iconoclaste!

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